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Sommeil : « La quantité, c’est bien, la régularité, c’est encore mieux »

On rêverait tous que nos enfants s’endorment en claquant des doigts et qu’ils soient toujours suffisamment reposés. Au lieu de ça : des couchers qui durent des heures, des derniers pipi-verre-d’eau-mal-au-pied-au-dos-au-nez (les enfants ne manquent pas d’imagination), des réveils nocturnes, des pleurs et des parents au bord de la crise de nerf. Kelly Champinot, consultante en périnatalité et spécialiste du sommeil chez l’enfant, nous aide à y voir plus clair.

Pourquoi c’est si important que nos enfants soient bien régulés dans leur sommeil ?

Parce que ça les maintient en bonne santé, leur permet d’apprendre et de se développer au niveau émotionnel et psychomoteur. La phase lente de sommeil (au début) favorise la croissance, le développement du système immunitaire et la récupération. La phase paradoxale (la phase de rêve) relève plus de l’intellectuel et de l’émotionnel. Elle permet l’intégration des nouveaux apprentissages, la maturation du système nerveux et l’adaptation aux nouvelles situations émotionnelles. À noter que jusqu’à 3-4 mois, ces phases sont inversées. C’est d’abord le sommeil paradoxal puis le sommeil lent.

Est-ce que le sommeil ça s’apprend ?

Chaque enfant naît avec une génétique qui lui est propre ; il sera long ou court dormeur, couche-tôt ou couche-tard. Mais, dans le ventre de sa maman, il a déjà pris des habitudes. Au bout de 4 semaines environ, certains parviennent à faire la différence entre le jour et la nuit ; l’horloge biologique interne se régule peu à peu, mais elle se base selon que l’enfant est un court ou long dormeur sur 23 ou 25 heures. Il appartient aux parents d’insuffler un rythme régulier pour remettre à l’heure cette horloge tous les jours, évitant ainsi les phénomènes de dérives.

Kelly Champinot, spécialiste du sommeil.

Y a-t-il un capital de sommeil à respecter chaque jour ?

Oui et quand bien même l’enfant serait un petit dormeur. Dès l’âge de 6 mois, il n’y a plus trop de disparités entre les enfants.  En moyenne, il leur faut 11h à 12h de sommeil par nuit. En revanche, le sommeil de jour varie selon les âges :

  • Avant 2 mois : 8 à 10 heures
  • De 2 à 4 mois : 5 à 6 heures
  • À partir de 4 mois jusqu’à 9 mois : 4 à 5 heures répartis sur 3 siestes (une le matin, une en début d’après-midi, une en fin d’après midi)
  • À partir de 9 mois jusqu’à 18 mois : 3 à 4 heures répartis sur 2 siestes (une le matin, une le soir)
  • De 2 à 4 ans : Entre 1 et 2 heures via une sieste juste après le déjeuner.

En général, à partir de 2 ans, comptez 6 heures après le réveil du matin pour imposer une première sieste. L’après-midi, le coucher du soir devra se faire après 4 à 5 heures d’éveil.

La régularité des rythmes est-elle si importante ?

Très. La quantité de sommeil, c’est bien, la régularité, c’est encore mieux. Lever votre enfant à 7 heures en semaine et 9 heures le week-end en pensant qu’il va récupérer n’est pas une bonne stratégie. Il ne récupèrera pas plus, au contraire ! Ce changement de rythme est l’ennemi numéro 1 du sommeil. L’heure du réveil structure la journée. Si vous la décalez trop, le repas, la sieste et l’heure du coucher seront décalés. Résultat, on ampute sur le sommeil de nuit. Par exemple, si l’enfant a encore 3 siestes, on zappera la deuxième sieste et on retardera le coucher du soir. Sûre que ça créera une insomnie joyeuse ! Pour maintenir un bon rythme, ne dépassez pas 8 heures pour le lever.

Et pour le coucher. Y’a-t-il un horaire à ne pas dépasser aussi ?

Oui ! La barre fatidique des 21 heures ! Au-delà, on amputera forcément les phases de sommeil profond. L’enfant sera fatigué. S’il a raté le train du sommeil, les suivants (tous les 45-70 minutes) seront encore plus compliqués à prendre. Il deviendra hypertonique, nerveux, pas du tout prêt au lâcher prise du sommeil.

Quels sont les signes du sommeil ? 

Bâillement bien sûr, se frotter les yeux, les arcades sourcilières rouges (pour les nourrissons), se gratter le nez ou les oreilles, un état de tension, de surexcitation, perte d’habilité motrice…

Vos conseils pour la routine du coucher ?

Idéalement, il faut la structurer tous les jours de la même façon et dans le cadre d’horaires réguliers. Elle sera le point de repère de l’enfant et le mettra dans les meilleures dispositions pour s’endormir surtout en cas d’angoisse de séparation. L’heure qui précède l’avant couché est très importante sur le plan physique et affectif de l’enfant. La routine est là pour remplir son réservoir émotionnel pour la nuit. Elle le sécurise. Pour être efficace, elle doit être courte : pas plus de 20 minutes. J’ai l’habitude de la décomposer en 3 étapes : hygiène (dents, toilette, etc.), détente (une histoire, une chanson, etc.) et affection (calins, massage, etc.). Comme vous le voyez, le biberon n’a pas sa place dans la routine du soir… sinon, l’enfant l’associera au coucher et à son endormissement. C’est un réveil en pleine nuit avec demande de bibi assuré. Pensez à clôturer votre routine, toujours avec la même phrase. C’est un autre point de repère qui les rassure.

Vous parlez également de routine du lever ?

Que ce soit pour les micro sieste ou les réveils trop matinaux – avant 6 heures, ce n’est pas un réveil physiologique – on va faire comprendre à l’enfant qu’il doit se rendormir. On l’accompagne. Et lorsque c’est le moment de se lever, on introduit la lumière, on le calme s’il pleure – en général ça veut dire qu’il n’a pas assez dormi – et on le sort du lit. Toujours de la même façon chaque jour ; encore une fois, ça lui donne des repères.

Que faire en cas du « syndrome du rappel » ?

Il faut cadrer cette routine quitte à utiliser des petites astuces pour accélérer la manœuvre comme par exemple, l’utilisation d’un sablier pour le brossage des dents – ça crée un petit challenge – ou les cartes de routine qui fonctionnent très bien pour les 2, 3 ans. Il faut fixer un cadre et imposer des conséquences lorsque ce n’est pas respecté. Le plus dure est de s’y tenir…

Et en cas de dépendance à l’endormissement ? Faut-il laisser pleurer ?

C’est au cas par cas. Jusqu’à 2 ans, le seul moyen qu’a un enfant de s’exprimer, c’est de pleurer. Il ne faut pas taire ce qu’il dit et accourir au moindre bruit de tétine. Mais, il ne faut pas non plus le laisser hurler ou se faire vomir. Pour la dépendance à l’endormissement, tout dépend depuis combien de temps cela est ancré. Ensuite, on va défaire progressivement ce qui a été instauré jusque-là. On peut parfaitement passer un pacte avec un enfant de 18 mois. Il comprend tout. « Je te fais confiance. Maman reste à côté de toi, mais ne te donne pas la main ce soir […] si tu te lèves Maman va sortir. » Rassurez-vous, rien n’est irréversible avant l’âge de 6 ans !

Propos receuillis HC


Bébé & Confidences  consultante en périnatalité et spécialiste du sommeil chez l’enfant de 0 à 5 ans.

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